Déclaration du RDR suite à l’augmentation du prix du Carburant et du Gaz domestique

Publié le: 09/07/2008
Déclaration suite à l’augmentation du prix du Carburant et du Gaz domestique
Le RDR dénonce un acte de mépris

La décision récente du régime Gbagbo d’augmenter le prix de l’essence super de 22%, celui du gasoil de 44% et celui du gaz domestique de 26%, est un acte de mépris pourles consommateurs et les populations ivoiriennes qui souffrent des conséquences de la crise et de la stagnation de leurs revenus depuis plus de 20 ans.
En effet, il y a quelques jours, le RDR a suggéré des mesures qui auraient permis d’éviter l’augmentation actuelle des prix, ou tout au moins, d’en réduire considérablement l’ampleur. Il s’agissait :
l d’une réduction des prélèvements de l’Etat,
l de l’optimisation de la structure des prix par ajustement du niveau de péréquation transport,
l de la vérification des montants collectés et mise en œuvre des excédents collectés au titre de la Péréquation transport,
l de la suppression du prélèvement pour Stock de Sécurité,
l d’un audit urgent des fonds collectés par la GESTOCI au titre des stocks de sécurité, de l’utilisation de ces fonds et de la mission et du statut de cette entreprise,
l de la mise en œuvre des importants excédents financiers constitués grâce à la part ivoirienne dans les revenus d’exportation de pétrole brut, estimés à 90 000 barils/jour en moyenne en 2006, et à 100 000 Barils/jour en moyenne en 2007, chiffres confirmés par les institutions financières internationales, par les grands centres mondiaux de l’économie pétrolière et par tous les experts.
Les nouveaux tarifs vertigineux qui viennent d’être annoncés, ainsi que la structure des prix telle qu’elle se présente, indiquent qu’aucune de ces mesures de simple bon sens et de bonne gouvernance pour l’intérêt du plus grand nombre, n’a été prise en compte.
En définitive, seul le consommateur paie.
L’Etat n’a pas réduit la valeur absolue de ses prélèvements. Il n’a pas été tenu compte des « matelas » financiers constitués :
l La base taxable n’a pas changé (200 frs CFA par litre) indiquant que le niveau de prélèvement de l’Etat reste identique, en valeur absolue à 155,606 frs CFA. Ce qui offre une grande marge de réduction que l’Etat aurait pu consentir au profit du consommateur.
l Le prélèvement de péréquation n’a pas changé, en dépit de l’interruption de service et de la péréquation en zones CNO.
l Le prélèvement pour stock de sécurité est reconduit alors qu’il n’a aucune justification ou explication.
l Aucun bilan réel n’a été fait sur le niveau et l’utilisation des revenus de l’Etat qui sont devenus très importants suite à l’augmentation de la production de pétrole brut et au doublement des prix du Baril sur le marché international.
Au sujet de cette augmentation sauvage des prix du carburant, le cas spécifique du Gasoil nous interpelle gravement.
Le gasoil est la composante la plus demandée pour le transport en commun et aussi pour le transport des marchandises, dans les tracteurs et motoculteurs agricoles, les engins de Travaux Publics et bien d’autres secteurs productifs de l’économie. En effet plus de 95% des cars, des autobus, des bateaux , des mini cars, des taxis collectifs, des bâchées et camions fonctionnent au diesel. Il est ni acceptable ni compréhensible que cette denrée soit la plus frappée par l’Etat.
Le travailleur ivoirien qui voit son pouvoir d’achat diminuer tous les jours (gel des salaires combiné avec une inflation endémique) devra désormais consacrer une part encore plus grande de ce salaire de misère au transport, pour se rendre à son lieu de travail. Les commerçants de vivriers et d’autres biens et services n’auront d’autre choix que de répercuter le surcoût du transport sur le prix des denrées alimentaires et autres marchandises et services. Cette situation aggrave ainsi l’état de paupérisation du consommateur ivoirien et met en péril bien des efforts et projets de relance économique post crise et de création d’emplois au niveau des PME/TPE et opérateurs informels…
A défaut de n’avoir pas pu éviter cette augmentation des prix, il est à regretter que l’Etat n’ait pas envisagé des mesures d’accompagnement.
Aucune perspective de mesure d’accompagnement n’est mise en place ou simplement annoncée pour alléger la charge du consommateur moyen. L’initiative louable d’un Fonds de un milliard mis à la disposition d’un ou de plusieurs syndicats de transporteurs, n’apporte en réalité, à court ou moyen termes, aucune résorption de l’impact de la hausse du gasoil et des tarifs de transport.
Devons nous croire que l’Etat avait pour seule préoccupation d’éponger le déficit de la SIR (sic) et que seul le consommateur a été ciblé pour résorber ce déficit ?
En effet, aucun autre agent dans la chaîne de distribution ne perd le moindre franc sur ses revenus. Mieux, les autres intervenants ont eu la latitude de brasser des fortunes en spéculant sur les stocks en cuves acquis au cours anciens car, dès l’annonce de la mesure, certaines stations service ont fermé faisant ainsi la rétention de stock afin de jouir des nouveaux tarifs.
Il est donc temps que le Ministère des Mines et de l’Energie et ses structures compétentes sous tutelle en la matière, rendent compte à la nation sur la gestion de la structure des prix.
Dans cette attente et à titre transitoire et conservatoire pour 90 jours, nous demandons que la hausse des prix à la pompe soit ramenée au niveau moyen des prix du Mali, du Burkina Faso, et du Niger, pays frères de l’hinterland dont la majeure partie des produits pétroliers viennent de la SIR, notre raffinerie et de notre port, le Port d’Abidjan.
L’Etat n’a pas le droit de faire supporter aux consommateurs seuls, les conséquences de cette crise du pétrole.

Pour La Commission Technique Mines et Energie
La Présidente
Touré Maférima

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