Afrique du Sud : Le nouveau président présente son équipe

Depuis lundi, l’Afrique du Sud a un nouveau gouvernement, le premier de l’ère Cyril Ramaphosa, le nouveau président avait prêté serment le 15 février après la démission forcée de Jacob Zuma.

Après la prise du contrôle de l’ANC, en décembre 2017, face à l’ancienne présidente de la Commission de l’Union Africaine et ex-épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma, Cyril Ramaphosa avait manoeuvré pour que, sous la menace d’une motion de défiance déposée au Parlement, le président Zuma démissionne le 14 février au soir, lors d’une allocution à la nation.

Dans la formation de ce gouvernement, la nation arc-en-ciel a une fois encore fait prévaloir un souci de rassemblement et de réconciliation, conservant dans l’exécutif des proches de Jacob Zuma. « J’ai eu le souci d’allier le besoin de continuité et de stabilité avec celui de renouveau » a indiqué le président sud-africain.

Ainsi des proches de Zuma restent ou intègrent le gouvernement, comme Malusi Gigaba, qui passe des finances à l’intérieur, Bathabile Dlamini responsable de la très influente et encore pro-Zuma Ligue des femmes de l’ANC, Maïté Nkoana-Mashabane, qui passe des affaires étrangères au ministère du développement rural et la réforme agraire.Quant à sa principale adversaire à l’élection à la tête de l’Anc, Dlamini-Zuma, elle est nommée ministre de la Planification.On pourrait y ajouter la nomination de David « DD » Mabuza, un pro-Zuma au poste de vice-président de l’Afrique du Sud. Même si Mabuza avait déjà quitté le navire Zuma avant la chute de ce dernier en se faisant élire vice-président de l’ANC en décembre 2017.

  • J’ai eu le souci d’allier le besoin de continuité et de stabilité avec celui de renouveau

Il a également fait preuve d’ouverture en octroyant au Parti communiste sud-africain (SACP), deux postes ministériels occupés par Derek Hanekom et Blade Nzimande, deux personnalités très représentatives de ce parti qui, bien que relativement affaibli, garde une certaine main sur les responsables syndicaux.Comme pour rassurer le milieu ouvrier et se défaire de l’image de l’ami des dirigeants des entreprises minisères, Cyril Ramaphosa a également nommé Gwede Mantashe, le président national de l’ANC et très proche des mineurs, en même temps qu’il remercie Mosebenzi Zwane, ministre sortant des mines, dont les relations avec les industries minières n’étaient guère au beau fixe.

En disgrâce sous Jacob Zuma qui l’avait limogé en décembre 2015, Nhlanhla Nene signe son retour en retrouvant son ancien portefeuille des Finances. Tout comme lui, Pravin Gordhan, également évincé par par le précédent chef de l’Etat, retrouve la salle du conseil des ministres avec le portefeuille des Entreprises publiques. Leur retour n’est pas de nature à déplaire aux milieux des affaires et de la finance qui les apprécient beaucoup.

Bien qu’elle ait noté quelques points de satisfaction, notamment sur la retour de Nhlanhla Nene, l’opposition dénonce un gouvernement « qui pullule de ministres compromis, de fidèles aux Gupta et de personnes accusées de corruption ».L’ANC qui prépare les prochaines élections générales prévues pour 2019, évite ainsi les risques de profondes fractures internes et son président a le souci de colmater les brèches tout en essayant de donner des gages de renouveau après l’impression laissée dans l’opinion et les milieux d’affaires par son prédécesseur dont les relations avec les Gupta – famille d’hommes d’affaires soupçonnés de piller des ressources de l’Etat – ont été marquées par des polémiques et des rumeurs de corruption à grande échelle.

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