Dr Doumbia Major : Je rentre cette année pour engager mon parti pour la présidentielle de 2020 ; que celui qui veut me tuer vienne le faire dans mon pays !

doumbia majorFesci, mutineries, gestion du pouvoir, procès de Gbagbo et Blé Goudé…. : Depuis son exil, Doumbia Major rompt le silence « Le pouvoir est devenu le lieu de règlement des comptes » « Je suis prêt à rentrer au pays »

Ancien secrétaire à l’organisation de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire ( FESCI ), sous Charles Blé Goudé, Doumbia Major vit en exil à Paris, depuis 17 ans. Actuellement président du Congrès panafricain pour le renouveau ( CPR ), mouvement politique qu’il a mis sur pied, cet ancien leader syndical, que nous avons joint via facebook, rompt le silence sur son exil, son retour au pays et il donne son avis sur les événements marquant de l’actualité en Côte d’Ivoire.

Quelle est l’actualité de Doumbia Major présentement ?

Je suis en exil, depuis octobre 2000, avec des intermèdes de replis souvent clandestins en Afrique pour des missions politiques précises. Je suis venu en France après un détour dans nombreux pays d’Afrique de l’ouest. Depuis février 2001 où je suis résident en France, j’en ai profité pour faire des études dans divers domaines, en Ingénierie de projet de développement, domaine de savoir-faire pour lequel j’ai eu le grade de Master, en communication politique dans lequel j’ai obtenu aussi un Master et J’ai occupé le temps de mon exil aussi à faire un doctorat en Science du langage avec la spécialité dans le domaine de l’analyse des discours politiques et médiatiques. J’ai embrassé tous ces corps de savoir sans jamais me déconnecter de l’actualité de mon pays que je suis au quotidien. J’ai, pendant mon exil et mes études, embrassé plusieurs corps de métier dont le domaine de la recherche, puis j’ai décidé de m’engager dans l’entrepreneuriat en Afrique, c’est ce qui m’a amené au Congo où j’ai connu une arrestation qui a été largement médiatisée. .

Justement, parlons-en. Qu’est ce qui a motivé cette arrestation ?

Doumbia Major : le regard confiant d'un exilé ivoirien

Doumbia Major : le regard confiant d’un exilé ivoirien

On me reprochait, lors de l’interrogatoire de la police, d’être allé déstabiliser le Congo et que j’y était pour recruter des mercenaires pour tuer Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Lorsque j’ai été pris, c’est ce qui comme par hasard a barré la  »Une » de certains journaux proches du pouvoir, qui ont inventé ce chef d’accusation pour justifier mon extradition qu’ils demandaient en Côte d’ivoire. Rien de tout ça n’est sérieux. Ce sont des diffamations et pour les gens du pouvoir qui voulait ainsi me museler, il fallait inventer ces mensonges grossiers pour justifier mon incarcération ou mon assassinat auprès de l’opinion publique. Sinon tout le monde sait que j’étais au Congo en tant que chef d’entreprise ; je travaillais pour le compte de ma société FranceBurotik et avec un autre groupe international. Mon immersion dans le domaine des affaires était le couronnement d’une série d’expériences. Quand vous suivez mon parcours, vous constaterez que, j’ai fait une série de formation dans divers domaines de savoir comme l’éducation, l’organisation, la psychologie, les sciences du langage. J’ai pratiqué dans le domaine de la santé, de l’enseignement au plus haut niveau, de l’éducation, des systèmes de prévention, etc… il me fallait une expérience de chef d’entreprise et c’est ce qui m’a conduit au Congo et c’est ce qui me maintient actif dans la vie de sociétés que j’ai créés. Comme vous pouvez le constater, j’ai essayé, pendant ces 17 ans, de faire le tour de nombreux domaines en rapport avec la gestion de la cité pour me forger une expérience pratique et concrète pour venir servir ma nation.

Autant d’expériences que vous devriez être en train de mettre au service de votre pays ?

Ça toujours été mon souhait de pouvoir mettre toute cette expérience au service de mon pays. Donc, ce n’est pas un effet de hasard que de me retrouver à embrasser toute cette série de formations. Tout a été bien pensé et planifié, je me suis dit qu’il fallait mettre à profit mon exil afin de m’armer sur le plan professionnel et intellectuel pour servir ma nation un jour. J’ai souhaité même être dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire où j’ai postulé, mais il m’est revenu que le Ministère de l’Enseignement Supérieur a bloqué mon dossier.

En quelle année est-ce que votre dossier a-t-il été bloqué ?

Ça fait deux fois déjà. La première fois, ils m’ont fait le coup du dossier perdu et après c’était celui du dossier non retenu, puis pour la seconde fois, j’ai un ami au ministère qui ne croyait pas, et qui m’avait demandé de repostuler pour qu’il puisse vérifier par lui-même. Pour la seconde fois, alors qu’il n’y avait jusque là pas de soutenance orale pour le recrutement des enseignants du supérieur, on m’apprend, à une semaine de la date de clôture, que je dois venir à Abidjan soutenir ma candidature, en sachant très bien que c’était impossible et que si c’était ma voix qu’ils voulaient entendre on pouvait organiser cet échange par Skype ou tout autre moyen de téléconférence. C’était sous le ministre Cissé Bacongo, puis après sous Gnamien Konan. Comme ils le disent, eux-mêmes, mon dossier est politique. Mais, je n’en fais pas un drame. Cela dit, ce que je voudrais mentionner, c’est que quand on laisse nos affaires pour dire qu’on décide de se sacrifier pour aller servir notre pays, quelque part, c’est par patriotisme, sinon on ne meurt pas de faim où nous vivons. Et le niveau de vie au pays étant en dessous de celui d’où nous venons, nous perdons en qualité de vie, puisqu’on doit travailler dans un pays où les salaires sont bas, tout en faisant face à nos charges dans notre pays de résidence. C’est donc par pur amour pour notre pays, qu’on prend ce type de décision. Mais, si certains ne veulent pas qu’on aille apporter notre savoir à nos enfants, alors que nos universités manquent d’enseignants, surtout dans certains domaines de pointe, si on nous bloque par jalousie ou par haine, on ne va pas forcer. Parce que pour certains qui sont au pouvoir aujourd’hui, l’accès au travail qui est un droit de tout citoyen formé, est devenu le lieu de règlement des comptes, le lieu où ceux qui doivent travailler dans le pays sont exclusivement des gens de leurs familles. Ça ne nous gêne pas nous autres, parce qu’on a nos repas et nos emplois là où nous sommes. Mais, ce qui est gênant, c’est que la Côte d’Ivoire subisse ce genre de pratiques faites de népotisme et de clientélisme. C’est tout cela que  nous combattons aujourd’hui, afin qu’il soit mis en place un système dans lequel les Ivoiriens doivent être jugés sur la base de leurs aptitudes et compétences, et non par connivence.

Peut-on dire que Doumbia Major est prêt à rentrer au pays actuellement ?

Je suis prêt à rentrer au pays, et je vais rentrer au pays. Personne ne peut m’empêcher de rentrer dans mon pays, et je ne vois pas ce qui m’empêchera de rentrer chez moi. Je n’ai tué personne et il n’y a aucun chef d’accusation pour crime ou vol qui plane contre moi. Le pays n’est la propriété de personne. Nous y sommes tous nés et il serait surprenant que certains puissent dire à d’autres qu’il n’ont pas le droit d’y vivre. En tous cas moi je ne vois pas quelqu’un qui m’empêchera de rentrer chez moi, sur des motifs acceptables. Si notre pays est devenu un antre de criminels qui tuent tous ceux qui leur sont hostile, qu’ils sachent que moi je n’ai pas peur de la mort et personne ne peut m’effrayer avec la mort. Quitte à y mourir, alors je viendrai mourir. J’ai pris la décision de rentrer dans mon pays, pour servir ma nation, pour combattre démocratiquement pour mon peuple, pour qu’il y ait un changement dans mon pays. Et si pour ce combat démocratique, je dois être l’agneau christique, je le serai.

Qu’est-ce qui vous a amené à cet exil ?

Ce qui m’a amené en exil, ce sont les problèmes que nous avions eus, à l’époque, avec les Blé Goudé. Nous étions des syndicalistes, nous avions dit que nous ne souhaitions pas que le syndicat des étudiants s’engage aux côtés d’un parti politique. Il y avait des partis politiques, notamment le Front populaire ivoirien (FPI) qui voulait maintenir un lien de collaboration avec la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire, NDLR) dans le cadre de sa stratégie de conquête du pouvoir. Nous nous sommes opposés à cela. Les gens ont pris position contre nous. Ça s’est passé dans des mouvements de violence. Nos adversaires avaient le soutien de certains militaires et de partis politiques qui mettaient leurs journaux et leurs militants à leur disposition. Nous avons fait l’objet de toutes les formes de lynchage et de diffamation. Nous n’avions pas de soutien de ce genre lors de cette contradiction, de sorte que ceux qui assassinaient nos proches bénéficiaient d’une impunité. On a eu quelques camarades qui sont décédés dans cette mésentente sur la ligne du syndicat. A partir du moment où le FPI avait pris position pour nos camarades, une fois que ce parti est arrivé au pouvoir, pour nous, notre survie était de sortir du pays pour protéger notre intégrité physique.

Aujourd’hui, le FPI n’est plus au pouvoir. C’est le RDR et le président Ouattara qui sont là. Qu’est-ce qui vous maintient en exil ?

Avant toute chose, il faut dire que j’ai décidé de mettre fin à mon exil et de rentrer dans mon pays cette année. Comme vous le savez très bien, j’ai en effet soutenu la prise de pouvoir de Ouattara. Mais avant de le soutenir j’ai dit que même s’il prenait le pouvoir je resterais dans ma posture critique vis-à-vis du régime qu’il mettrait en place. Cela n’a pas dérangé les gens de Ouattara qui étaient en ce moment dans l’opposition, parce que pour eux, il fallait faire feu de tout bois en se disant qu’après, il allait régler les comptes à ceux qui les dérangeraient. Pourquoi j’ai soutenu Ouattara ? Je l’ai soutenu parce qu’il s’est engagé en disant qu’il veut réconcilier les Ivoiriens, lutter contre les discours ethniques, et mettre en place un libéralisme à visage humain, j’ai dit qu’au nom de l’unité de la nation qu’il promet et au nom de toutes ces causes que je défends pour lesquelles il s’est engagé, je vais le soutenir. J’avais en effet vu Laurent Gbagbo au pouvoir, et je n’étais pas d’accord avec sa gestion, en plus du fait qu’il avait pris position contre moi en aidant mes adversaires du syndicat étudiant auxquels il avait  accordé sa protection, à me contraindre à l’exil. Ça, c’est un fait. De deux, la gestion du régime FPI et le discours qui était circulant sous leur mandat, de mon point de vue, n’était pas une gestion et un discours de nature à garantir l’unité de la nation. Bien au contraire, ils ont approfondi les clivages avec un discours fortement clivant et ethnocentré. Donc, si quelqu’un vient pour dire qu’il a été victime d’exclusion et veut y mettre fin, et qu’il vous promet que la Côte d’Ivoire sera un pays où il n’y aura plus de népotisme, un pays où, d’après Ouattara lui-même, nous serions contre la complaisance au profit de la compétence, vous pouvez être amenés à le croire. C’est donc sur la base de ses déclarations de bonnes intentions que j’ai soutenu Ouattara. Mais bon, tout le monde peut se tromper, surtout on peut être trompé par des gens qui ont la bouche mielleuse et qui après font le contraire de ce qu’ils ont promis. Quand Ouattara a pris le pouvoir, j’ai dit que je suis socialiste et qu’étant d’une culture de gauche idéologiquement, je ne peux pas collaborer avec un régime de droite. J’ai donc réaffirmé ma posture critique en disant que je serais la sentinelle qui surveillerait les intérêts du peuple. Cette posture critique n’a pas plu aux gens du pouvoir qui attendaient de moi une allégeance et une collaboration. Ils ont donc lancé leur machine contre moi et cela a commencé en France où ils ont tenté de me faire rapatrier de force sous le régime de Sarkosy et c’est ce qui a continué après au Congo. D’autre part vous savez bien que j’ai des ex-amis qui ont soutenu Ouattara tout comme moi, mais dont j’ai condamné les pratiques, comme étant des gens qui ont rompu avec les valeurs de gauche que nous disions porter et que nous étions sensés incarner aux yeux de notre génération. Donc, il faut vous dire que ce n’est pas parce que nous avons tous soutenu Ouattara que cela fait de nous à nouveau des amis. Parmi ces ex-amis, il y a des camarades extrêmement violents, militaristes et qui ne supportent pas la contradiction. Ce sont des gens qui d’ailleurs, lorsqu’ils ont eu accès aux arcanes du pouvoir, ont considéré le pouvoir comme le lieu et le moment de partage du gâteau. Pour ceux-là, toute personne qui peut critiquer les mauvaises pratiques est un ennemi potentiel. Ce sont ces personnes-là qu forment le noyau dur du régime actuel en servant de cerbères, qui menacent ma vie. Ce sont eux qui sont allés me chercher au Congo pour essayer de me déporter. Ce n’est pas Laurent Gbagbo qui était allé me chercher au Congo. Il fallait m’amener à me faire taire. Moi je suis fatigué de jouer ce jeu de cache-cache, où on se cache derrière des régimes, où on a des amis, pour essayer de faire du mal à quelqu’un ! Au lieu de me poursuivre partout dans le monde, moi, je l’ai décidé : Je viens désormais dans mon pays. Celui qui veut, qu’il vienne me tuer dans mon pays.

C’est pour quand ce retour ?

Je ne veux pas donner de date, parce qu’il y a une dimension qui est hors de mon impact personnel. Mais, je serai là d’un moment à l’autre. Je vais rentrer en Côte d’Ivoire avant la fin de l’année 2017.

Avec en ligne de mire 2020 ?

Je suis quelqu’un de politiquement engagé, c’est donc normal que les échéances de 2020 nous intéressent. Lorsque ces échéances vont arriver, on va dire ce qu’il y a à faire. Mais, pour l’instant, j’ai un combat à mener contre les pilleurs de biens publics dans mon pays, et j’ai une dynamique à créer pour l’unité nationale. Les gens ont promis la réconciliation nationale dans notre pays, pour qu’ensemble les fils de la nation puissent s’unir et apporter le développement.  Ils ont tenu beaucoup de discours sur le pardon, ils n’ont rien fait. Je rentre donc dans mon pays pour unir les fils de la nation ; afin qu’ensemble on puisse répondre demain aux défis du développement. Je me suis engagé pour la libération des prisonniers politiques pour qu’on mette, tous ensemble, nos forces en commun, pour construire notre pays. Je vais mener ce combat avec tous les fils de la nation, quelque soit leur bord, contre ceux qui pillent les deniers publics et qui maintiennent le peuple dans la misère et la division. Nous nous battrons pour que ceux qui sont en exil, et ceux qui n’ont pas leur place à l’extérieur, puissent rentrer pour qu’on s’asseye ensemble pour discuter et définir les conditions du changement et du développement de notre nation dans l’unité. J’arrive dans une dynamique claire. Les ennemis du peuple sont mes ennemis. Je ne viens pas faire un combat militaire, mais un combat politique, idée contre idée. Je ne suis pas armé, et je ne suis pas d’un groupe militarisé. Je viens mener le combat de la libération de mon pays avec mes moyens démocratiques. Voilà le sens de mon retour.

Vous parliez de libération des prisonniers. Quelle est votre position sur les cas Laurent Gbagbo et Blé Goudé qui sont en procès à la Haye ?

Après plusieurs années loin de la mère patrie, un retour sans doute dans la paix du cœur

Après plusieurs années loin de la mère patrie, un retour sans doute dans la paix du cœur

En 2011, j’ai dit, et dans les colonnes de vos journaux, que j’étais contre la ‘déportation d’un fils de notre pays. Quand j’ai vu le cas de Laurent Gbagbo, ça m’a fait penser à la déportation de feu Samory Touré et de Toussaint Louverture. Moi, je suis un fils digne d’Afrique. Je suis un combattant pour la dignité de l’Afrique qui est très importante pour moi. Sur le plan symbolique, ce n’est pas une image digne de notre continent que de voir nos fils êtres déportés en Europe. Les Américains n’accepteraient pas cela, les Français aussi, et ce n’est pas à nous de l’accepter. Ma solution, c’est une solution africaine. Je voudrais qu’on puisse régler nos problèmes en Afrique. Des problèmes plus graves comme les massacres de Soweto et autres ont réussi à trouver des solutions sur place en Afrique du Sud. Ce sont ces types de solutions-là que je préconise. Pour moi, un conflit politique ne se règle pas comme des vols de deniers par des individus ou comme des crimes ou délits de droit commun. Quand il y a un problème politique, la solution doit être politique. Ce procès est un procès inéquitable et déséquilibré, c’est un procès où ce n’est qu’une seule partie qui est jugée, alors qu’on nous dit que les crimes ont été commis par deux parties. Par ailleurs, je suis surpris que les hauts gradés des FDS (Forces de Défense et de Sécurité ) qui ont fait allégeance à Ouattara sont libres, même quand ils ont eu une position de donneur d’ordre, mais ceux qui sont restés fidèle à Gbagbo sont emprisonnés. Si Ouattara qui avait dit sur TV5 qu’il n’y aurait pas d’impunité, ne veut plus qu’on juge ses amis qui ont fait du mal au peuple, qui ont volé des deniers publics et commis des crimes économiques, alors, qu’il demande la libération de Laurent Gbagbo et de ses amis. Pour moi s’il devait y avoir un vrai procès, cela devrait se faire en Côte d’Ivoire, où même dans un pays de l’Afrique de l’ouest, avec une justice vraiment indépendante. Après le procès, s’il y a des amnisties à faire, après l’émergence de la vérité on les fera. Mais, on ne peut pas accepter que ce soit uniquement un camp qui soit jugé. C’est cela la justice des vainqueurs, une justice qui n’est pas équitable.

La Côte d’Ivoire a vécu un début d’année difficile avec les mutineries et autres grèves des fonctionnaires. Qu’en pense Doumbia Major ?

Si j’étais le président de la République, aucun soldat ne pourrait me demander 5 millions de Fcfa ou 12 millions de Fcfa. Tout ceci se passe parce qu’il y a un manque d’exemplarité dans la gestion de nos deniers publics. Regardez tous ces marchés qu’on passe de gré à gré à des proches du pouvoir qui se les arrachent. C’est un vol organisé et normalisé et c’est tout ça qui fait qu’aujourd’hui des soldats se lèvent pour réclamer leur part de la richesse de l’Etat qu’ils voient êtres pillées par un groupuscule qui les exclu. C’est le système. Moi, je n’ai pas à blâmer ces jeunes là. Quand nous serons aux affaires, un jour, tout ça va changer, parce que les gens sauront que ceux qui dirigent sont les premiers à faire les sacrifices qu’ils demandent au peuple.

Parlons d’avenir, on voit une sorte de montée de la génération FESCI d’hier. Est-il imaginable de voir cette génération unie, un Doumbia Major dans le même combat par exemple avec un Guillaume Soro à la tête du Parlement aujourd’hui ?

Moi, je n’ai de problème avec qui que ce soit. Mon combat à moi, ce n’est pas de mettre ma personne en avant, mais de mettre en place un projet pour sortir nos 20 millions d’habitants de la misère. Que la personne s’appelle Soro, Blé Goudé ou qui d’autres, l’important est qu’on arrive à définir un Projet pour sortir le peuple de la misère. J’ai une éducation où c’est le débat intellectuel qui l’emporte. Si Guillaume Soro aujourd’hui ou quiconque qui est intéressé par la gestion des affaires publiques veut discuter avec nous, pourquoi nous le rejetterons ? Qu’il vienne avec son projet de société qu’on va confronter au nôtre, nos équipes vont s’asseoir et débattre pour voir si une synthèse est possible et ce que gagne le peuple dans cette synthèse. Qu’est-ce que gagne notre pays ou l’Afrique dans ce projet autour duquel il voudrait qu’on mène un combat collectif générationnel et qui est le mieux placé pour porter ce projet. Voilà ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les problèmes de personnes qui nous préoccupent. Je suis un combattant politique, idéologiquement et intellectuellement formé, et c’est le contenu idéologique d’un projet qui compte pour moi. On peut tous se rassembler, les camarades du Rdr, du Pdci, ou du Fpi autour de ce projet, si ça va dans le sens de l’intérêt supérieur des Ivoiriens. Mais, comme je le dis, un projet est toujours porté par des gens exemplaires. Il faut montrer dans son comportement qu’on est soi-même exemplaire pour pouvoir mobiliser le peuple dans le sens d’un combat qui profitera à la collectivité. Comme vous pouvez le voir, pour moi, tout est question de discussion pour voir comment harmoniser pour trouver la synthèse qui va dans le sens de l’intérêt de nos populations. Peu m’importe les personnes, ce qui est important pour moi c’est mon pays et les intérêts de mon peuple. Je ne suis pas rancunier, ni haineux, ni quelqu’un qui met sa personne en avant dans un combat sens é être un combat pour la nation.

Quelles sont, vos relations avec Guillaume Soro ?

Je suis à Paris, il est à Abidjan. On ne peut pas avoir de relations. Je suis occupé par mon travail, donc je ne peux pas correspondre avec des personnes qui ont d’autres préoccupations à Abidjan. Je pense que quand je serai à Abidjan, j’aurai tout mon temps pour voir les gens qui sont là-bas que j’irai voir et qui souhaiteraient me voir.

Entretien réalisé par F. D. BONY ( Source : L’INTER , quotidien ivoirien )

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