GABON -devoir de memoire/ Ali Bongo aussi rattrapé par ses propos contre Gbagbo en 2011

ali-bongoDans une interview qu’il a accordée à Jeune Afrique en septembre 2011 , le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo a imputé la responsabilité de la crise postélectorale de 2010 à Laurent Gbagbo. Il a précisement dénoncé le manque de lucidité de Gbagbo, dans la lecture des évènements, qui lui aurait permis d’éviter les affrontements qui ont endeuillé le pays.
«Trop de vies ont été perdues à cause de cet aveuglement. Kadhafi, comme Gbagbo avant lui, n’a pas eu, ou n’a pas voulu avoir, la lucidité nécessaire pour ne pas prolonger inutilement la liste des victimes de cette guerre», a soutenu Ali Bongo, le chef d’Etat gabonais. Devant autant de morts, monsieur Bongo ne pouvait qu’approuver l’intervention militaire de la France et de l’ONU en Côte d’Ivoire même si cela a choqué de nombreux Africains, qui y voient l’expression d’une forme de néocolonialisme dans le seul but d’accaparer les richesses de ces pays.
«Quelles alternatives avait-on? Laisser la Côte d’Ivoire sombrer dans le chaos et se dérouler sous nos yeux de véritables bains de sang? L’alternative aurait été que l’Union Africaine (UA) elle-même prenne en charge ces crises, soit plus efficace ou dirige ces interventions. Il faut être réaliste et pragmatique. Nous n’avons pas pu le faire, soit parce que nous n’étions pas d’accord, soit parce que nous n’en avions pas les moyens. C’est tout le problème que nous rencontrons à l’heure actuelle au niveau de l’UA. Nous en sommes tous conscients, et il faudra bien s’asseoir autour d’une table pour trouver des solutions. Mais personne ne nous a empêchés d’intervenir, c’est nous qui avons échoué. Il a bien fallu, une fois ce constat dressé, travailler avec ceux qui avaient la capacité d’empêcher que le pire ne se produise», a martelé Ali Bongo.
Cinq (5) ans plus tard, la même situation se présente à lui au Gabon. Esperons que Ali Bongo aura la lucidité nécessaire pour ne que «trop de vies soient inutilement perdues à cause d’un quelconque aveuglement» comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire et en Libye.

Tanoh

La Dépêche d’Abidjan

Related posts:

Bruno Koné : les chefs de guerre inculpés sont des combattants pour la démocratie
Présidentielle 2015: 10 candidats retenus
Lobognon impliqué dans un autre scandale financier, l'Etat doit reagir.

Partagez cet article

Vous devez être connecté pour poster un commentaire Connexion