T Gbalin caricaturiste du journal le patriote en Grève de la faim

T Gbalin

T Gbalin

Nous apprenons qu’un caricaturiste au journal Le Patriote appartenant au RDR est en grève de la faim devant la Cathédrale au Plateau depuis des jours.

Il proteste contre son licenciement abusif pour avoir dénoncé sur Facebook un retard de paiement de salaire.

Adou Alexia

 

JEAN THOMAS GBALIN: POURQUOI J’OBSERVE LA GREVE DE LA FAIM

J’ai décidé d’observer une grève de la faim afin de prendre l’opinion nationale et internationale à témoin sur, d’une part les souffrances des travailleurs du journal Le Patriote, et d’autre part, l’injustice dont je suis victime de la part du Gérant et Directeur de publication de ce journal, COULIBALY Sounkalo, alias Charles SANGA.

I- QUI SUIS-JE ?

Je me nomme GBALIN Jean Thomas, alias T. Gbalin, Caricaturiste au quotidien Le Patriote.
En 1999, créant le quotidien d’informations générales, Le Patriote en vue de défendre les idéaux du Rassemblement des républicains (RDR), le ministre Hamed Bakoyoko, alors Président directeur général de radio Nostalgie Abidjan m’a débauché, comme plusieurs autres journalistes. J’étais alors Caricaturiste au quotidien Soir Info.
Du 1er juillet 1999 au 12 février 2016, soit pendant 16 ans 7 mois et 11 jours, j’ai servi ce journal avec abnégation et conscience professionnelle ; Et nous avons remporté des victoires sur lesquelles je me garde de revenir ici.
C’est après tout ce temps de travail que Charles Sanga décide de me renvoyer par pur abus d’autorité, étant entendu que les faits qu’il me reproche – en tout cas verbalement, parce qu’il n’y a pas eu d’écrit- n’ont rien à voir avec mon travail de caricaturiste.

II- LES FAITS.

Le jeudi 11 février 2016, les travailleurs du journal Le Patriote n’avaient pas encore perçu leur salaire du mois de Janvier. En pareille circonstance, l’idéal aurait été qu’un responsable vînt vers les employés pour communiquer sur les raisons. Mais cela n’a pas été fait. Pis,le Gérant, comme tous les mois, était dans son village, à Tafiré. Il est encore là-bas, depuis le vendredi dernier.
Exaspéré et croulant sous le poids des différentes charges : factures, scolarité des enfants, loyer etc. j’ai dû faire un post sur facebook pour dénoncer le retard dans le paiement des salaires de janvier.
Informé depuis son village, Charles Sanga me suspend par un simple SMS qui est ainsi libellé: « tu ne décroches pas. Chacun va assumer ton post sur face. Je t’ai suspendu de signature et compte aller jusqu’au bout de la procédure. Si tu as décidé de salir le journal tu es libre. Mais je ne peux pas l’accepter.»

Le jeudi 18 février 2016, Monsieur le Gérant, revenu de son voyage la veille, m’adresse une demande d’explication à laquelle je réponds le lendemain (vendredi 19 février).
Malgré ma réponse et la médiation de mes collègues pour l’amener à revenir sur sa décision, il campe sur sa position, celle de me « suspendre de signature », selon sa propre expression.
Le vendredi 08 avril dernier, au cours d’une réunion de Direction, il annonce aux responsables présents, mon renvoi de la société qui selon lui, a pris effet depuis le 18 février. Non seulement mon licenciement ne m’a pas été notifié par écrit, mais aussi, M. Sanga refuse de payer mon salaire du mois de mars. Et depuis presque trois mois maintenant, je suis à la maison, sans lettre de licenciement.
Le lundi 18 avril dernier, je me suis présenté au travail. Il m’a chassé comme un malpropre.
Mais cet abus de pouvoir ne m’étonne pas. Car c’est son manque de considération pour ses collaborateurs et son incompétence en matière de gestion qui risquent de mener à la faillite l’entreprise dont le Ministre Bakayoko lui a confiée les destinées. Contraignant ainsi les employés plutôt à se battre pour survivre qu’à travailler.

III- LA GESTION APPROXIMATIVE DE SANGA ET LA SOUFFRANCE DES TRAVAILLEURS.

C’est en 2008 que le ministre Hamed BAKAYOKO, par souci de promotion interne, confie la Direction générale de la Société Mayama à M. Sanga. Et depuis lors, la situation des travailleurs va de mal en pis.

1. Absence de politique de vente du journal.

De 2008 à 2O11, Le Patriote, comme tous les journaux proches des partis d’opposition, se vendaient bien. Après l’accession du RDR au pouvoir, il devait faire sa mue afin de s’adapter à son nouveau statut, celui d’un journal proche du pouvoir. Un séminaire est organisé à Grand-Bassam, en juin 2O11 à cet effet. Malheureusement les résolutions de ces assises ont été rangées dans les tiroirs du Gérant. Plusieurs autres séminaires et ateliers financés à coups de millions de francs CFA vont suivre. Et naturellement comme les premiers, leurs résolutions ne seront jamais appliquées, au détriment des travailleurs. En définitive, beaucoup d’argent aura été englouti dans des séminaires dont les résolutions resteront définitivement dans les tiroirs.
Conséquences : le journal n’ayant pas pu faire sa mue, il va continuer à sombrer jusqu’à ce que l’on en soit aujourd’hui à un tirage de 5000 exemplaires pour un taux d’invendus allant à plus de 80%. C’est-à-dire pour 5000 exemplaires du journal Le Patriote qu’on met en vente, moins de 1000 sont vendus.
En l’absence d’application des résolutions des séminaires, il faut ajouter des annonces fantaisistes, se faisant sans conviction qui poussent les lecteurs à ne plus prendre le journal au sérieux: plusieurs fois, le Gérant et Directeur de publication a fait annoncer dans le journal de nouvelles rubriques et des Spéciaux sur des sujets donnés qui ne seront jamais publiés. La dernière annonce en date est celle d’un numéro Spécial sur le procès du général Guéi Robert. Les lecteurs ont attendu ce numéro en vain
Face à cette mévente du journal, la deuxième alternative qui s’offrait au Gérant, était une bonne politique marketing, afin de faire revenir les lecteurs et d’attirer les annonceurs.

2. Absence de politique marketing.

Le Service commercial et marketing du journal participe également aux différents séminaires et fait des propositions pour une meilleure vente du journal et attirer les annonceurs. Entre autres propositions, on peut noter la création des Kiosques avec le logo du Patriote, les visites périodiques aux « grains » du RDR afin de se familiariser avec la base du parti qui semble avoir été abandonnée par son journal, la création d’une Rédaction en ligne, des spots publicitaires à la télévision, des temps d’antenne et des Spots publicitaires à Radio Nostalgie, le site du journal qu’il fallait rendre dynamique, etc.
Seuls quelques panneaux publicitaires ont été faits pour annoncer Le Patriote qui « fait peau neuve avec de nouvelles rubriques et une nouvelle charte graphique ».
Mais là encore, cette annonce va irriter davantage les lecteurs qui ont attendu en vain ce « nouveau journal ». Car il ne paraitra jamais. Certains parmi eux ont dû appeler à la Rédaction pour exprimer leur mécontentement et demander que les responsables du journal les respectent désormais.
Quant à Nostalgie, ses responsables ont attendu en vain la direction du journal Le Patriote pour faire la publicité et bénéficier de leur temps d’antenne.
En définitive, les propositions du service commercial ont été rangées dans les tiroirs, comme les résolutions de tous les séminaires.
Reste en principe au Gérant Charles SANGA, la recherche de financement par des apports extérieurs afin d’éviter à sa société de fermer.

3. Mobilisation des ressources et détournement des dons au profit de la mairie de Tafiré.

L’expert commis par le promoteur en 2005, M. Kaba après avoir mis en place les fondements d’une société moderne, a obtenu du RDR un apport financier mensuel de cinq millions (5 000 000) de franc CFA afin de soutenir le journal.
Le parti honore son engagement en versant cette somme régulièrement chaque mois, jusqu’à ce jour.
A cela, il faut ajouter les apports financiers presque réguliers du promoteur, dont le dernier est de 43 millions de francs CFA – c’est le montant que Charles SANGA a annoncé. Mais cette somme n’a servi, en vérité, à rien du tout.
Pour des événements précis, le RDR apporte son soutien au journal, en plus des 5 millions de francs qu’il donne chaque mois. Par exemple pour couvrir l’élection présidentielle d’octobre 2015, le parti a donné une contribution de 20 millions de francs CFA. Malheureusement, des journalistes ont couvert la campagne à leurs propres frais et aucun remboursement n’a été fait jusqu’à ce jour.
Face aux difficultés qui assaillent l’entreprise, le comité de Direction a suggéré au Gérant de former une délégation avec quelques responsables pour aller vers le président de la République et les cadres du parti afin de solliciter leur soutien. Il balaie cela du revers de la main prétextant que les hommes politiques ne tiennent jamais parole. Mais il annonce parfois, au cours de certaines réunions, qu’il a rencontré le Chef de l’Etat qui a promis une aide au journal. Dans le même temps, il avance qu’il n’est pas sûr que le Président tienne sa promesse. Pourquoi va-t-il seul voir le Président de la République, le Promoteur du journal et même des cadres du parti quand il s’agit de parler de Mayama ? Pourquoi ne forme-t-il pas une délégation avec les autres responsables de la société pour aller les voir avec un projet « bancable » ? Ces questions n’ont jamais eu de réponse.
Toutefois, l’ensemble des employés de Mayama ont constaté que l’objectif de M. Charles SANGA est de détourner tout ce qui est destiné au journal au profit de ces administrés de Tafiré.
En effet, il fait régulièrement des courriers à en-tête Mayama qu’il envoie aux cadres du parti et autres responsables de l’administration aimant le journal pour leur demander de l’aide. Il est vrai que l’entreprise a bénéficié du soutien de certains cadres dont je tais le nom pour l’instant, mais cela s’est fait par le canal de certains journalistes. Mais jusqu’à ce jour, il n’a rien déclaré des autres cadres qu’il contacte directement ou remet lui-même les courriers au coursier pour les leur porter.
Aux travailleurs qui veulent savoir pourquoi les cadres du RDR ne veulent pas nous aider, il répond que la plupart d’entre eux sont contre nous –nous c’est le journal Le Patriote. Je me réserve le droit de citer leurs noms. Mais je le ferai si cela s’impose.
Par ailleurs, les cadeaux de Noël des enfants des travailleurs de Mayama sont détournés au profit de ceux des agents de la mairie de Tafiré. De sorte que depuis deux ans, nos enfants n’ont pas eu droit à un seul arbre de Noël.
Le comble est que depuis trois ans, le don de sucre que les bonnes volontés font aux musulmans de Mayama pendant le mois de Ramadan est détourné vers la mairie de Tafieré, y compris celui de la Première dame.
En 2013, il en a pris une bonne quantité qu’il est allé offrir dans sa commune et a ordonné que le reste soit stocké jusqu’à son retour. Il n’est revenu qu’après la fête du Ramadan et voulant partager ce sucre et ce lait, les travailleurs ont refusé de les prendre parce que le carême était déjà terminé.
En 2014 et 2015, toute la quantité de lait et de sucre reçue a été convoyée par le maire dans sa ville natale.
Face à cette situation, les travailleurs qui ne voient rien à l’horizon sont démotivés.

4. Cumul des dettes sociales et fiscales.

Les prélèvements faits aux travailleurs ne sont guère reversés à la Cnps pour leur assurer une bonne retraite. J’étais à l’agence dont relève Le Patriote la semaine dernière, j’ai pris le point de mes cotisations sociales. J’ai constaté, à ma grande surprise, que beaucoup d’années n’ont pas été versées par mon employeur.
Les agents des impôts passent régulièrement au siège du journal pour menacer de le fermer pour non paiement des impôts.
IV- Ce que j’exige.
La gestion approximative de M. COULIBALY Sounkalo, voire son manque d’intérêt pour Mayama et ses travailleurs au profit de sa mairie de Tafiré où il passe d’ailleurs deux semaines sur quatre par mois- je rappelle que depuis la semaine dernière, il y est- ont plongé le journal dans des difficultés financières sans précédent. Augmentant ainsi la souffrance des travailleurs chaque fin de mois.
Pour ma part, en faisant ce post, je ne me suis pas trompé. Je n’ai fait que dire tout haut ce que les travailleurs de Mayama pensent tout bas. Ce n’est pas normal que par la faute d’un individu, fût-il Directeur général, une trentaine de pères de famille se retrouvent ainsi en train de souffrir.
Après mon post le 11 février, les agents du journal Le Patriote ont perçu leur salaire du mois de janvier le lendemain 12 février. Pour le salaire de février, ils l’ont perçu le 17 mars. Quant à celui de mars, c’est le 19 Avril qu’ils l’ont eu. A cette allure, ils risquent de ne pas être payés en juin ou en juillet, si rien n’est fait.
Pire pendant les chefs d’entreprises paient leurs travailleurs pour la fête du travail, M. Sanga est sans dans son village sans rien dire aux travailleurs de Mayama.
Mon objectif est que quelque chose soit fait par le président de la République et le promoteur du journal qui sont des hommes de cœur.
Je leur lance également un appel afin qu’ils interpellent Charles Sanga, pour:

1- Qu’il me réintègre immédiatement et sans condition parce que je n’ai pas fauté

2- Qu’il me paie mon salaire du mois de mars indûment retenu

3- Qu’il revoie sa gestion

J’observe cette grève de la faim jusqu’à la satisfaction de ces préoccupations.

Je vous remercie

 

Related posts:

Cameroun : 6 personnes tués dans l'incendie d'un container aménagé en salle de jeux
Les microbes sèment la panique et tuent dans les quartiers d'Abidjan
Lancement du Prix international Bernard Dadié de la premiere plume à Paris

Partagez cet article

Vous devez être connecté pour poster un commentaire Connexion