Interview Exclusive/ Dr Doumbia Major : L’article 35 est une absurdité juridique qui exclut tous les candidats.

Dr Doumbia Major

Dr Doumbia Major

Titulaire d’un Master en communication et Marketing politique, d’un DESS en Ingénierie de projet de développement, Docteur en analyse automatisée du discours de l’Université Paris XII, Doumbia Major avait été un maillon essentiel de la communication de l’ex-rébellion. Mais, depuis quelques années, le consultant politique est en rupture de ban avec ses anciens camarades, et bien entendu, le pouvoir actuel.

Dans cette interview, il critique le bilan du président Ouattara. A la veille de la présidentielle, il estime, vu la Constitution ivoirienne, qu’aucun des candidats ne répond aux exigences de l’Article 35.

Dr Doumbia Major :

« Aucun candidat n’est éligible au vu de l’Art 35 »

« En 2010, Gbagbo ne devait pas s’autoproclamer président »

« Ouattara veut faire une élection-braquage »

Doumbia Major, vous êtes devenu depuis quelque temps un opposant au régime Ouattara que vous aviez pourtant soutenu au départ. Qu’est-ce qui explique ce revirement ?

C’est vrai, nous avions aidé le régime Ouattara à accéder au pouvoir, mais ce n’est pas sa personne que nous avions aidée. C’est parce nous partagions avec lui un certain nombre de principes et de valeurs. C’est au nom de ces valeurs communes que nous nous étions mis ensemble pour combattre le régime que nous critiquions tous. Moi, j’ai pas commencé mon combat politique avec Ouattara. Depuis les années 1990 déjà, je militais dans les mouvements estudiantins, je participais aux manifestations de rue qui ont donné naissance au multipartisme. Nous avons combattu le président Houphouët-Boigny déjà, d’une certaine façon, pour réclamer l’amélioration des conditions de vie des étudiants. Quand nous sommes entré à l’université, Bédié était déjà au pouvoir, nous l’avons combattu, d’abord en tant qu’étudiant, pour défendre les revendications estudiantines, pour éviter que l’école soit le lieu de la conservation d’une certaine hiérarchie sociale, où les élèves les plus défavorisés devaient être recalés ou chassés de l’université au profit des plus riches. Donc, nous nous sommes battu pour l’amélioration des conditions de vie des élèves et étudiants. Nous n’avions pas attendu Ouattara pour mener ce combat. Quand Bédié est venu avec son concept d’ivoirité, nous l’avons encore combattu. Ce n’est donc pas à l’arrivée de Ouattara au pouvoir que nous avons commencé ce combat politique. Nous le menons depuis notre tendre jeunesse, nous l’avons mené quand Laurent Gbagbo était au pouvoir, pour plus de démocratie dans notre pays, contre les injustices, contre les divisions ethniques que Bédié avait ramenées et qui avaient été reprises par ceux qu’on appelait les  »ivoiritaires » devenus, entre-temps, les  »patriotes ».Voilà! Nous avions mené tous ces combats, nous avons été jeté en prison et torturé.

 

Pourquoi, aviez vous choisi de soutenir l’ex-rébellion?

A l’instar de Jean-Paul Sartre, de Frantz Fanon, qui ont soutenu l’insurrection algérienne en 1958, j’ai soutenu intellectuellement l’insurrection de 2002 en Côte d’Ivoire, en étant en France.

Oui! je l’ai soutenue de 2003 à 2004, année où j’ai quitté la rébellion. Parce que j’ai estimé que les actes et les valeurs n’étaient pas en accord avec mes valeurs personnelles. Mais, j’estime tout de même que ceux qui se sont battus contre une exclusion,  un discours ethnique,  l’article 35  et  la division des Ivoiriens , au nom d’une certaine pureté de race ou d’une certaine supériorité des ethnies les unes par rapport aux autres, avec un discours stigmatisant une partie des Ivoiriens, j’estime qu’à partir du moment où la rébellion avait posé cela comme l’une de ses revendications et l’une des causes de son insurrection, il était normal qu’on la soutienne, parce c’est une cause juste.

Mais, après, quand dans les actes on a vu que les gens cassaient des banques, posaient des actes de torture et des violations des droits de l’homme; ceci n’étant pas en accord avec mes valeurs et principes, j’ai pris du recul et mes distances.

Moi, je ne me bats pas pour un individu, mais plutôt pour mes valeurs et principes. Quand les actes posés sont en accord avec mes valeurs et principes, je les soutiens. Et quand ce n’est pas le cas, j’opère la rupture.

Et quand Ouattara a envoyé des émissaires vers moi en 2010 pour discuter, j’ai posé les mêmes principes dans une liste de revendications, je lui ai dit: « si vous êtes d’accord pour vous battre contre la torture, pour l’unité nationale, pour une bonne gestion et la transparence dans la gestion des affaires publiques, pour une redistribution équitable des biens du pays au peuple etc…, si vous êtes d’accord pour  ça, je vous soutiens!  Ils m’ont dit qu’ils étaient d’accord. Donc, je ne me suis pas battu pour Ouattara mais pour les valeurs qui sont les miennes ».

 

Dans un récent entretien accordé à un confrère, vous affirmiez que vous aviez été trompé par Ouattara. Pourquoi ce constat tardif? 

Moi j’accorde à chacun le bénéfice du doute. Tant que je n’ai pas vu quelqu’un à l’œuvre , tant que quelqu’un ne m’a pas trompé, je ne peux pas le juger sur la base des rumeurs. Je veux voir l’homme à l’œuvre. Quand quelqu’un prend des engagements, j’attends qu’il les concrétise.  Il fallait donc donner à Ouattara la chance de se présenter aux élections. Et je ne suis toujours pas d’accord qu’on l’exclue. j’ai participé moi-même à l’écriture de la Constitution de Côte d’Ivoire en 2000, en tant que membre des sous-commissions constitutionnelles et électorales. Et là-bas, je sais quelle était l’ambiance. C’était une ambiance de haine, de personnes dressées comme des cerbères  contre Ouattara, pour ne pas qu’il soit candidat. On a donc taillé une Constitution sur mesure pour l’exclure. J’estime que c’est de l’arbitraire,  parce qu’en Côte d’Ivoire aujourd’hui, il n’y a pas un seul candidat répondant aux exigences de l’article 35. Il faut être né de père et de mère eux-mêmes  Ivoiriens de naissance.  Déjà l’article 35, si on veut l’appliquer, tous ceux qui sont nés avant 1960 ne sont pas éligibles. Parce qu’ils ne sont pas nés Ivoiriens, ils sont nés d’une nationalité tout  autre que la nationalité ivoirienne. Leurs parents ne sont pas nés Ivoiriens. Et pour prouver la nationalité de leurs parents, il aurait fallu qu’ils puissent fournir les extraits de naissance et la pièce d’identité de leurs grands-parents! Qui aujourd’hui en Côte d’Ivoire pourra nous présenter les documents d’état civil de leurs grands-parents ? Si l’on veut appliquer la Constitution telle qu’elle a été taillée, comme l’a si bien dit Tia Koné, » c’est une absurdité juridique », donc cette absurdité juridique, si on veut  l’appliquer, personne n’est éligible !  Le père de Gbagbo était un soldat français, il n’a pas combattu en tant que mercenaire. Les anciens combattants qui perçoivent leurs pensions les reçoivent en tant qu’anciens soldats français. Voyez-vous?  Cette constitution n’était pas applicable et ne l’est pas. Gbagbo lui-même qui était candidat à l’époque quand on a fini d’écrire la Constitution,  devrait démissionner six mois avant, ça n’a pas été le cas. Et pourtant, Bamba Moriféré a été exclu avec le même article. Voyez-vous, c’était de l’arbitraire en Côte d’Ivoire. Ouattara a pris des engagements qu’il n’a pas respectés. Quand je le soutenais dans le temps, j’ai bien dit que je serais la sentinelle défenseur des intérêts du peuple.  J’aurais pu aller à la soupe populaire comme les autres, me taire et jouer les thuriféraires!  Je ne l’ai pas fait, j’ai fait le choix de me mettre à la périphérie du pouvoir pour le critiquer et le juger dans l’intérêt du peuple.  J’ai refusé l’intérêt du ventre.

 

Beaucoup de vos concitoyens ne croient pas en votre franchise. Ils pensent que vous faites toujours le jeu du pouvoir. Que leur répondez-vous? 

Ça, c’est leur problème. Personne ne peut faire l’unanimité sur cette terre. Jésus est arrivé sur terre, mais n’a pas fait l’unanimité.  Moi je mène mon combat,  pas pour eux, mais pour ma propre conscience. Et je suis conscient d’une chose, c’est que je suis de passage sur terre pour un court moment et dans ce court moment, je veux mener un combat juste, de vérité, pour que je puisse me regarder chaque soir dans la glace et me dire que j’ai mené  le bon combat. C’est ça mon objectif.  Faire évoluer les idées de ma génération et de mes contemporains. C’est pour cela que je participe aux débats, à la construction des idées dans mon pays.

 

La présidentielle approche à grands pas. Selon vous, Youssouf Bakayoko, le président de la Cei, peut-il garantir une élection crédible? Le report de cette élection réclamé par une partie de l’opposition est-il justifié? 

Ouattara sait que le décret de 2005 qui a valu la désignation de Youssouf Bakayoko dit clairement qu’il était éligible pour une seule élection. Il était président de la Commission électorale indépendante pour une seule élection, il ne pouvait donc plus se représenter.  Et là, Ouattara fait le forcing. Sur la question de l’équité dans la composition de la Cei,  là aussi il y a problème. Aujourd’hui,  cette Cei n’est pas indépendante puisque Ouattara et ses amis sont majoritaires au sein de cette commission. Mais il veut aller quand même,  malgré les protestations de l’opposition. Qu’est-ce à dire?  Ça veut dire qu’il a l’intention de faire une élection-braquage, se maintenir au pouvoir et légitimer ce maintien au pouvoir par un semblant d’élection. Nous opposants, avons dit que nous n’étions pas d’accord et l’avions fait savoir à nos militants et la communauté internationale. Et comme malgré nos revendications, il ne veut pas entendre raison, nous avons dit:  » Allons-y quand même, et s’il triche, nous dirons qu’il a triché… »  Nous sommes quand même convaincus d’une chose, Ouattara ne peut battre dix candidats…Aux élections passées, il n’a eu que 32% au premier tour, il ne peut par extraordinaire avoir 51% ?

 

Le report de ces élections est plutôt souhaitable?

C’est nécessaire et même logique  qu’on n’aille pas à cette élection présidentielle sans d’abord changer la Constitution.

 

Une transition serait-elle nécessaire?

Ça c’est un autre débat. Mais, on peut dire que le président demeure en exercice comme Gbagbo l’a été. On pouvait aussi dire qu’étant donné que Ouattara avait la charge d’organiser ces changements constitutionnels et qu’il ne l’avait pas fait, nous notons une mauvaise foi chez lui. Donc, on peut demander qu’une autre instance neutre  puisse s’occuper de ces changements.

 

Avez-vous des ambitions politiques?

Je suis un être passager sur terre et j’en suis conscient. Je peux partir à tout moment. Voyez-vous, à maintes reprises de ma vie, j’ai frôlé la mort. Mon ambition pendant ce laps de temps, c’est de faire évoluer les idées de mes contemporains et de les tirer, tant que je peux, vers une prise de conscience, les libérer un tant soit peu de tout ce qui est ethnicité, pour qu’ils puissent regarder la gestion du pays de manière objective. C’est ainsi que les citoyens regardent les choses dans ce qu’on appelle les démocraties évoluées. C’est ce que je veux pour mon peuple.  C’est cela mon véritable combat! Participer à la construction de la nation, jeter les bases de la Côte d’Ivoire de demain. Voilà mes ambitions.

 

Vous êtes un membre de la Cnc, quelles sont les chances de cette opposition, si elle acceptait de participer à cette élection?   

Cette opposition a toutes les chances de gagner à cause du bilan de Ouattara qui est très négatif. Sur le plan de la réconciliation déjà, il est un obstacle à la réconciliation parce qu’il est l’un des acteurs  de la crise. Concernant les travaux qu’il met en avant, on les salue!  Mais en réalité, ce sont des moyens d’enrichissement de ses amis comme Bouygues, Bolloré. Voici ceux que Ouattara enrichit sur le dos des Ivoiriens et sous le prétexte de travailler pour nous. Le pont HKB, je l’avais bien dit, c’est l’une des plus grosses arnaques que notre pays ait connue. Pour nous, quand un investisseur investit dans un pays, c’est une prise de risque: soit il gagne soit il perd. Bouygues ne peut pas nous dire qu’il construit un pont qui est payant, et dans le même temps signer un contrat qui stipule que si le nombre de voiture qui passe sur ce pont n’atteint pas un certain, la Côte d’Ivoire doit lui verser le manque à gagner. Donc, si les voitures passent ou ne passent pas, Bouygues est toujours gagnant. C’est du vol, nous sommes devenus des pigeons de Bouygues. Le pont en lui-même est bon, mais le montage financier qui est fait autour de celui-ci, si les Ivoiriens le comprennent, ils verront que c’est un vol planifié. C’est la même chose pour les routes à péage.
Ce qu’il faut savoir c’est que ces grands travaux ne donnent que des emplois éphémères. Une fois qu’ils sont achevés,  les employés retournent au chômage. Mes compatriotes doivent le comprendre. Pour la question de l’emploi, Ouattara n’a pas de solution! Parce qu’il ne sait pas comment créer les emplois, il n’a pas de vision pour l’emploi. C’est son ministre du Budget qui l’a dit:  » ils ont créé moins de 300 mille emplois en 5 ans … ». Et pourtant, il nous avait promis plus d’ 1 million d’emploi en 5 ans. En réalité il n’a même pas créé 10% des emplois qu’il avait promis, si on prend en compte tous les emplois qu’il a détruit dans ses opérations de déguerpissement.

 

L’opposition promet de battre Ouattara, mais pourquoi va-t-elle aux élections en rangs dispersés ?

Je vais vous l’expliquer. Quand on prépare l’opinion à la tricherie, on fait croire que c’est parce qu’il y a plusieurs candidats que l’opposition a perdu. Mais Ouattara était candidat contre Gbagbo, il n’était pas le seul. Il y en avait plusieurs, mais Gbagbo a été battu et pourtant, ils étaient dispersés ! Parce que la configuration sociologique, ethnique  de la Côte d’Ivoire fait que, pour battre un candidat, il ne faut justement pas aller en rang serré au premier tour. C’est une réalité dans notre pays.

Les gens utilisent souvent le mot  »sociologique » pour masquer le mot  »ethnique » ou  »tribal ». Chaque tribu a son leader qu’il soutient. Ouattara est le leader des nordistes. Bédié était celui des Akan, des Baoulés, Anaky et Essy sont ceux des Abrons de l’est et Gbagbo pour les Bétés; ils ont réussi à créer une sorte de structuration  des gens de l’Ouest, c’est cela la réalité. Et donc, quand on présente un seul candidat, il va y avoir une sorte de démobilisation de ceux qui ne se retrouvent pas en lui comme étant leur leader.  Aujourd’hui, Bédié n’est pas candidat,  donc  symboliquement les Baoulés n’ont pas de leader. L’appel de Daoukro est donc caduque, il est lancé dans le vide. Celui aujourd’hui qui peut incarner ce peuple, c’est bien Konan Banny et quand il sera élu, ils diront  »c’est l’un des nôtres ». Les Agnis se retrouveront en Affi Nguessan, les Abrons, en Essy Amara. C’est ça la réalité! Nous allons à une élection où l’appel de Daoukro a été saboté, sabordé par la candidature de K. Banny, en qui les Akan se reconnaissent. Pensez-vous que le peuple de l’Ouest qui a deux de ses fils à la Haye voterait Ouattara aux élections?  Sachant que Gbagbo avait eu  plus de 40 %, une partie de cet électorat irait voter contre Ouattara juste pour le sanctionner et le chasser du pouvoir. Les Baoulés et les Akan iront donner le pouvoir à un des leurs. Les Abrons et les musulmans de l’Est qui se reconnaîtront en Essy Amara, voteront contre Ouattara. Ce sont des réalités sociologiques. Dans le camp de Ouattara lui-même, certains parmi ceux qui l’ont soutenu hier, comme moi, voteront contre lui. Hormis toute cette problématique, il y a les dessous de la gestion de M. Ouattara. Tenez :  ceux à qui il avait fait croire que l’université  serait moins chère sont aujourd’hui désillusionnés.

 

A propos des élections de 2010, KKB dans une récente déclaration ici à Paris, disait que selon certaines  instances habilitées,  Ouattara n’a jamais gagné les élections… » Le croyez-vous? 

Mon avis, c’est que les élections devaient être reprises , c’est ce que dit l’article 64 du code électoral. Effectivement, il y a eu des tricheries au cours de ces élections. Gbagbo n’avait pas le droit  de se fonder sur ces tricheries pour s’autoproclamer  ou se faire proclamer  gagnant comme l’avait fait Yao N’dré. Notre Constitution dit dans ce cas de figure qu’on reprenait l’élection.

 

Comment voyez-vous l’après-élection, si éventuellement Ouattara venait à perdre?

Mais si Ouattara venait à perdre les élections, la Côte d’Ivoire continuerait d’ exister, le ciel ne nous tombera pas sur la tête. Le soleil ne se lèverait pas désormais au sud pour se coucher au nord. S’ il arrivait  que Ouattara  perde les élections, il partira s’occuper d’autres choses. Cela permettra à son successeur de mettre en place une véritable armée pour sécuriser le pays. Pas une armée dans laquelle il y a un groupe qui est gagnant et qui désarme l’autre, le  surveille en permanence, mais une vraie armée de Côte d’Ivoire. Le nouveau président donnera des chances  à tous les fils de la nation d’avoir accès aux emplois, sans rattrapage clanique. Concernant l’endettement, le stock de la dette que nous avions avant le PPTE a été éliminé. Mais Ouattara nous en a encore rajouté. On était parti au PPTE avec six mille milliards de dette, aujourd’hui nous sommes à plus de 7,5 mille milliards, voire 8 mille milliards de dette. Que font les gens ?  Ils nous endettent et s’enrichissent. Allez voir les comptes des uns et des autres !  Quand ils seront chassés du pouvoir, vous verrez le bilan qu’on vous fera. Combien de nouveaux milliardaires ont émergé en Côte d’Ivoire aujourd’hui?  Mais tous ces fonds seront repris, réinvestis et redonnés au peuple.

 

Entretien réalisé par Paulin Gessler (Correspondant à Paris)

Source l’inter: 

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